La BCE laisse son principal taux directeur inchangé
Comme attendu, la Banque centrale européenne (BCE) a laissé, jeudi 6 septembre, son taux directeur inchangé à 4 %. La dernière hausse, de 3,75 % à 4 %, remonte à juin.
Une grande majorité d'économistes pensaient que la BCE allait s'abstenir de remonter une neuvième fois ses taux. La BCE s'est ainsi rangée à l'avis de la plupart des experts ou d'organisations internationales (comme l'OCDE), qui jugeaient plus sage d'attendre un retour au calme des marchés avant de relever les taux directeurs. La Banque d'Angleterre a peu auparavant annoncé aussi le maintien de son principal taux à 5,75 %.
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Début août, Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, avait clairement ouvert la voie à une augmentation du principal taux de 4 % à 4,25 %, qui aurait été la neuvième depuis décembre 2005. Les risques inflationnistes liés à la croissance solide et la montée des prix du pétrole justifiaient à ses yeux ce geste. Même si ces dangers de dérapage des prix subsistent, le plongeon des marchés en août lié à la crise des crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis a changé la donne.
Selon Jean-Claude Trichet, les gouverneurs des banques centrales ont décidé jeudi, "à l'unanimité", de laisser le principal taux inchangé, car les turbulences sur les marchés financiers ont créé des incertitudes et le conseil va suivre "avec grande attention" les évolutions à venir.
UNE HAUSSE DES TAUX TOUJOURS POSSIBLE
Le Français n'a pas prononcé, lors de sa conférence de presse jeudi après-midi, les termes de "grande vigilance" annonciateurs d'une hausse de taux le mois suivant. "Je ne veux pas commenter davantage" sur ce point, a-t-il dit, laissant les marchés juges d'interpréter ses propos. Globalement, il estime que la politique monétaire de la zone euro reste "plutôt accommodante". En clair, les conditions financières sont favorables et portent en germe des risques de dérapage des prix. C'est pourquoi il faut agir "à temps" et "fermement" si nécessaire pour contrer toute surchauffe à venir des prix. Il a donc laissé la porte ouverte à un resserrement des taux d'intéret dans la zone euro.
Mais une hausse de taux dès ce jeudi n'aurait sans doute fait qu'aggraver les tensions, que la BCE a d'ailleurs cherché à calmer dans la matinée en procédant à une injection massive d'argent frais sur le marché monétaire, visant à remédier aux craintes d'une pénurie des liquidités liées à la crise des crédits à risque aux Etats-Unis.
La BCE a injecté 42,24 milliards d'euros via un appel d'offres rapide sur une journée, au taux marginal de 4,06 % et au taux moyen pondéré de 4,13 %, selon un communiqué destiné aux marchés. L'institution avait indiqué la veille avoir constaté une augmentation de la volatilité sur le marché monétaire et se tenir prête à agir jeudi pour y remettre bon ordre.













