Des actes de sabotage sur les lignes TGV

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La direction de la SNCF a évoqué ce matin une "action coordonnée de sabotage" sur quatre lignes à grande vitesse. La CGT dénonce des "actes inqualifiables commis par des lâches". Lire l'article

Des lycéens aux revendications floues rejoignent les étudiants

2007.11.23 - France - Source: WWW.LIBERATION.FR - Commentaires [0]

Tous deux en première au lycée Lavoisier, Pierre est pour la loi Pécresse sur l'université, Paul contre. «Vu l'état de l'université, on peut difficilement faire pire, dit Pierre, venu voir la manif qui démarre place de la Sorbonne, alors pourquoi ne pas donner une chance à cette loi ?» «Moi je suis contre le financement privé des universités, certaines filières, comme la philo, vont être discriminées, interrompt Boris qui s'apprête à défiler après avoir participé le matin au blocage de son établissement, en plus, j'ai regardé le site de l'Assemblée nationale : les étudiants ne seront plus qu'entre 7 et 10 sur 30 dans les conseils d'administration des facs.»

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Pour la première fois depuis le début du mouvement, des lycéens ont défilé hier dans toute la France aux côtés des étudiants. A Paris, où la manifestation a rassemblé plusieurs milliers de jeunes, ils étaient autour d'un millier, venus de la dizaine de lycées bloqués ou perturbés. Les slogans restaient assez vagues - «oui à notre éducation, non à la privatisation» - et le contenu de la loi semblait assez mal connu. Alors que, dans la crise du CPE, le ralliement des lycéens avait pesé lourd, il était difficile de prévoir si la poussée de fièvre allait prendre.

«Il faut reconnaître qu'il y a un problème de sensibilisation», explique une militante de l'UNL (Union nationale lycéenne) qui défile, «les médias télé ont surtout montré les points durs, les blocages d'universités ou les foules qui s'entassent dans les trains, mais ont peu parlé de la loi. Alors c'est difficile de les faire bouger de but en blanc.» Déjà engagée durant la crise du CPE, elle se promet de faire un travail d'explication - «la condition pour que ça marche». Mais, déjà, le proviseur menace. Ce matin, il a fallu tenir l'AG devant le lycée.

«Garanties». Etudiante de lettres classiques en première année de master, Lucie participe à sa première manif depuis le début de la mobilisation. «Il y a des nuances chez les étudiants, dit-elle, moi je suis pour le principe de la réforme, mais je veux des garanties que des filières comme la mienne ne disparaitront pas car elles n'attireront pas les ronds du privé. On n'arrête pas de me dire que le latin et le grec, ça ne sert à rien.» A Paris X-Nanterre où elle est inscrite, ils ne sont déjà que six à viser l'agrégation. «Les blocages, je suis contre car c'est antidémocratique, poursuit-elle, mais je suis pour car c'est spectaculaire et c'est tout ce que Sarkozy comprend.»

Veto. Cette fois, des enseignants et des chercheurs s'étaient joints à la manifestation à l'appel du Syndicat national de l'enseignement supérieur (Snesup) et du collectif Sauvons la Recherche. Tous deux critiquent les pouvoirs renforcés des présidents d'université, notamment leur droit de veto sur les nominations, leur possibilité de recruter des contractuels, etc. «On est pour une réforme, dit un manifestant, on avait des propositions, mai s il n'y a pas eu de vraies négociations.» S'ajoute la grande misère des universitaires. Magali, étudiante en histoire de l'art et membre de Sauvons la Rercherche, tient une pancarte en carton : «Non à la mort programmée des sciences humaines.» Le 21 décembre, elle va soutenir sa thèse de doctorat à la Sorbonne - sur l'ambiguïté sexuelle dans l'art contemporain. Pendant deux ans, le maximum, elle a eu droit à une allocation d'études. Aujourd'hui elle vit avec le RMI : «Quand on va à l'étranger, on nous trouve très bons, ici nous ne sommes rien.»

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