Ejectée de l'Euro 2008, l'Angleterre se trouve des boucs émissaires
La défaite fut cinglante sous le ciel liquide de Wembley. La nation qui inventa le football a dû ramasser ses billes après une piteuse défaite 2-3 contre la Croatie mercredi soir. Alors qu'un nul lui suffisait, elle ne participera pas à l'Euro 2008. Et rejoindra dans le camp des losers ses voisins d'Irlande du Nord, du pays de Galles et d'Ecosse. C'est la première fois depuis 1994 que l'équipe aux Trois Lions n'est pas qualifiée pour un tournoi de cette envergure. Alors, à l'heure de la défaite, l'Angleterre tout entière cherche des responsables.
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Chantier. La faute au stade, s'indignaient hier les puristes. Le nouveau Wembley a été inauguré en mai dernier au terme d'un chantier évalué à 757 millions de livres (1 milliard d'euros). Pourtant, mercredi, à l'heure du coup d'envoi, des flaques et de la boue se formaient par endroits, tandis qu'aux premiers tacles la pelouse se fendait en tranchées profondes. Un handicap, admettait-on néanmoins, pour les Croates autant que pour les Anglais…
La faute à McClaren, hurlaient les supporteurs. Sans surprise, dès jeudi matin, la tête de l'entraîneur national roulait aux pieds des aficionados à l'issue d'une réunion extraordinaire de la Football Association (FA). Car l'homme, devenu coach de l'équipe après la Coupe du monde 2006, serait coupable de multiples erreurs, affirmait hier la presse tabloïd. Parmi elles, l'appel tardif de Beckham ou la titularisation dans les buts d'un gardien peu expérimenté Scott Carson (22 ans, 2 sélections, calamiteux sur le premier but croate). Alors, à la sortie du match, les supporteurs reprenaient à tue-tête une mauvaise devinette : «Quelle est la différence entre Lewis Hamilton et l'équipe d'Angleterre ?» Réponse : «Hamilton aura toujours sa McLaren demain matin.» La FA leur a rendu justice. Hier matin, Steve McClaren était fermement poussé vers la porte avec, au fond de sa poche, 2,5 millions de livres (3,5 millions d'euros), l'équivalent de son salaire annuel. Dans le sillon de son départ, on spéculait déjà sur l'identité de son successeur. L'Angleterre héritera-t-elle de Martin O'Neill, l'entraîneur d'Aston Villa ? De José Mourinho, l'ancien de Chelsea ? De Fabio Capello, l'ex-coach du Real Madrid ? Mais en attendant une nouvelle tête à son équipe, la nation avait encore à régler ses comptes avec d'autres coupables.
Etrangers. La faute aux joueurs étrangers, avançaient déjà quelques managers, relayant une polémique en vigueur depuis quelques mois. Au c














