Le piège du pouvoir d'achat
Ça coince sur le pouvoir d'achat. Pour renouer avec les Français après une dizaine de jours de grèves dures dans les transports, Nicolas Sarkozy avait promis mardi face à l'Association des maires de France (AMF) «des initiatives dans quelques jours» sur «l'angoissante question du pouvoir d'achat». Il voulait aller vite. Le voilà contraint de ralentir, confronté à un double problème : être audible dans «ce contexte de pagaille où les gens ont la tête ailleurs», dit un conseiller à l'Elysée, et être crédible sur des mesures qui doivent se traduire de manière très concrètes pour chaque Français.
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Pas simple lorsque s’ajoutent à ces deux impératifs des contraintes budgétaires draconiennes, une croissance en berne et un débat au sein de la majorité entre orthodoxes et partisans de la relance par la dette... Tandis que le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, dénonce l’inefficacité des «politiques d’austérité», François Fillon ne rate pas une occasion de rappeler qu’il n’est pas question de creuser plus encore le déficit d’un Etat «en faillite». «Il faut réduire l’endettement national pour redonner de l’oxygène à notre économie», a répété hier le Premier ministre devant l’AMF.
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«Initiatives». En début de semaine, le chef de l’Etat imaginait une sortie de crise rapide. Lui, qui s’était posé en candidat du pouvoir d’achat durant sa campagne présidentielle, souhaitait s’exprimer sur le sujet avant son départ pour la Chine prévu samedi. S’il prend la parole aujourd’hui, ce ne sera vraisemblablement que pour prendre acte du début des négociations. Sur le pouvoir d’achat, il attendra sans doute son retour de Chine, mercredi ou jeudi, pour dévoiler ses «initiatives». «Nous voulons jouer la réforme partagée jusqu’au bout et créer une très forte dynamique sur le pouvoir d’achat», explique le député sarkozyste Frédéric Lefebvre (Hauts-de-Seine).
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Arsenal. En grève le 20 novembre, les syndicats de la fonction publique menacent d’une «nouvelle action commune» début décembre sur la question des salaires. Sous la pression, Nicolas Sarkozy s’est bricolé dans l’urgence un arsenal de mesures plus ou moins dispendieuses qui sont loin de faire l’unanimité à droite. Certaines ont déjà été écartées lors d’une réunion interministérielles sur le sujet, mardi à Matignon (lire page ci-contre). Privilégiée par l’Elysée, la possibilité pour les entreprises de verser un treizième mois sans charges est fermement rejetée, au gouvernement comme dans la majorité. De nombreux parlementaires UMP y voient l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire. «Une telle mesure aurait surtout un effet d’aubaine», note le député d’Ille-et-Vilaine Pierre Méhaignerie. «Le 13e mois sans charges, c’est le père Noël, le contraire des mesures susceptibles d’encourager la production. La question du pouvoir d’achat appelle des réponses structurelles. On ne peut y répondre dans l’urgence» , ajoute le villepiniste Hervé Mariton (Drôme).
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