Le radon, un gaz domestique malfaisant
Il n'y a pas que la méchante cigarette qui peut provoquer le cancer du poumon. Le radon un gaz radioactif contenu dans le sol et la roche peut faire aussi des dégâts, comme le montre le dernier numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (1). «L'exposition au radon domestique serait à l'origine d'environ 9 % des décès par cancer du poumon et de 2 % de tous les décès dûs au cancer en Europe.» Le radon est un gaz très particulier. Il y en a un peu partout, souvent à très petites doses, parfois à doses plus élevées dans certaines habitations. Inodore, il passe inaperçu. «L'association entre l'exposition au radon et le cancer du poumon a été démontrée en premier lieu par des études menées sur des mineurs exposés sous terre à de fortes concentrations en radon.» Le BEH rappelle ainsi une étude sur des mineurs français travaillant sur des sites d'uranium qui établissait ce lien, et qui «soulignait la nécessité de travaux complémentaires pour étudier le risque de leucémie». Plus récemment, il s'est confirmé que dans des lieux où le gaz est peu présent, une exposition continue, pendant de longues années, peut être aussi facteur de risque. «L'analyse conjointe des données d'études conduites dans treize pays, incluant la France, a généré les résultats les plus précis actuellement disponibles sur le risque de cancer du poumon suite à une exposition au radon. La conclusion principale de cette étude est l'augmentation linéaire du risque de cancer du poumon de 16 % pour un accroissement de 100 becquerels/m3 de la concentration en radon», écrit le BEH , appelant «à la mise en place d'une politique de santé publique». Objectif : « Coordonner et mettre en oeuvre de manière efficace les actions en matière de gestion du risque lié au radon». Exemple : «Les mesures ont démontré qu'un nombre non négligeable de lieux publics présente une concentration en radon élevée et nécessitent la mise en place d'actions correctives.» L'heure de l'action est donc venue : «Aujourd'hui, la science a pu démontrer l'existence d'une association entre le cancer du poumon et l'exposition au radon. Le défi est maintenant de communiquer ces informations à tous les acteurs et d'aider les décideurs à réaliser des actions pertinentes à tous les niveaux.»














