Des actes de sabotage sur les lignes TGV

Des actes de sabotage sur les lignes TGV

La direction de la SNCF a évoqué ce matin une "action coordonnée de sabotage" sur quatre lignes à grande vitesse. La CGT dénonce des "actes inqualifiables commis par des lâches". Lire l'article

Négociations sous pression

2007.11.23 - France - Source: WWW.LIBERATION.FR - Commentaires [0]

Alors que le trafic devrait encore être fortement perturbé à la SNCF et à la RATP, les premières réunions «tripartites» (Etat, directions, syndicats) se tiennent aujourd'hui dans les deux entreprises, ainsi qu'à EDF. Elles avaient été réclamées dès le 13 novembre par le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. Le gouvernement avait d'abord mis en préalable un appel à cesser la grève. Avant d'accepter qu'elles se tiennent si la tendance à la reprise du travail se confirmait. Cela devrait être le cas, même si localement, les grévistes plus radicaux devraient reconduire la grève. Le succès des manifestations d'hier (lire page 6) organisées dans le cadre de la journée d'action pour la défense du pouvoir d'achat dans la fonction publique, pourraient encourager une partie des conducteurs de la SNCF et de la RATP à poursuivre le mouvement. L'ensemble des syndicats s'apprêtent à une difficile gymnastique : négocier dans un cadre fixé par le gouvernement (retraite après quarante ans de cotisation, indexations des pensions sur l'inflation et décote), tout en clamant qu'elle refuse cette règle du jeu. Bernard Thibault s'est engagé hier à ce que la CGT «consulte les salariés concernés sur le résultat de ces négociations à la fin du processus». Une façon de calmer les esprits, mais aussi de maintenir la pression pour sur l'Etat et les entreprises

 
   
   
 

SNCF:

Qui autour de la table ?

Les huit syndicats de l’entreprise seront tous, demain, à la négociation tripartite. Pour l’instant, à part la FGAAC (3,1% du personnel) qui ne participait pas au mouvement, seule la CFDT (11,6%) a appelé à une suspension de la grève. Autres participants: la CGT, premier syndicat de la SNCF avec 40,1% aux élections de mars 2006, et les plus radicaux Sud (15%) et FO (6,6%).

Quel rapport de force ?

Le taux de grévistes à la SNCF a baissé au fil des jours de 61 % à 27 %, hier. Mais la grève commence à coûter cher à la SNCF : 100 millions d’euros selon Anne-Marie Idrac, et une situation «dramatique pour le fret». Près de 15 sites industriels en France seraient «au bord de la rupture d’approvisionnement» à cause de la grève, selon la direction de l’entreprise publique.

Quel grain à moudre ?

La direction met «90 millions d’euros par an sur la table, il n’y a aucune raison que l’on n’ait pas une négociation positive», dixit Guillaume Pépy, le directeur général exécutif, hier. Les propositions de la direction sont grosso les mêmes qu’il y a dix jours, quand Anne-Marie Idrac, la présidente de l’entreprise, envoyait sa lettre aux salariés. Pour les cheminots qui «joueront le jeu», comme dit la direction, et feront leurs quarante ans d’annuités : des valorisation de salaires et des bonus qui devront améliorer le niveau des pensions, un compte épargne-temps, une retraite complémentaire… Certaines revendications des organisations syndicales seront facilement accordées : la suppression de la mise à la retraite d’office par exemple. D’autres sont déjà plus délicates à obtenir : la CFDT voudrait que la pénibilité de certains métiers cheminots donnent droit à une retraite moins tardive. Que faire alors de la grève après ce premier jour de négociation ? Une sortie se dessine peut-être : suspendre la grève maintenant, et menacer de la reprendre autour du 10 décembre, lors des tables rondes conclusives des négociations tripartites.

RATP:

Qui autour de la table ?

Sur les huit syndicats que compte la RATP, tous, sauf SUD, devraient répondre à la convocation de la direction ce matin à 9 heures au siège de la régie à Bercy. En plus des quatre organisations (CFDT, CFTC, indépendants et CGC) qui s’étaient situées en dehors du conflit ou avaient appelé à la reprise du travail, trois des quatre organisations les plus représentatives dans l’entreprise devraient s’y rendre : CGT (36,89 % des voix aux dernières élections), Unsa (21,12 %) et FO (8,75 %). On ignorait encore, hier, le nom du représentant de l’Etat lors de ces réunions tripartites qui devraient fixer le cadre d’un mois de négociations.

Quel rapport de force ?

Avec 18,5 % de grévistes hier à 13 h 30, la mobilisation était légèrement supérieure à celle de la veille (18 %). Mais surtout, les syndicats mobilisés, CGT en tête, se trouvent aujourd’hui débordés par une base, syndiqués compris, qui ne veut pas entendre parler de négociations. Gêné, Gérard Lebœuf, responsable de la CGT-RATP, expliquait hier qu’il irait à la négociation «pour rappeler [son] désaccord de fond sur la réforme». Pourquoi donc s’y rendre ? «Parce que si je connais la détermination de la base, je ne connais pas celle de la direction.» Un coup pour voir, donc, mais qui pourrait aussi amener le syndicat majoritaire à négocier. Quoi qu’il en soit, la CGT excluait hier la possibilité d’appeler mercredi à la reprise du travail, laissant les assemblées générales «souveraines».

Quel grain à moudre ?

Sur la table aujourd’hui ne devraient figurer, que les propositions déjà faites par la direction : augmentation de salaires en fin de carrière, mise en place d’un système de retraite complémentaire, ou encore rachat d’annuités. Mais nul ne se fait d’illusion. Syndicat comme direction savent qu’une négociation sur ces seuls points ne permettra pas d’arrêter le conflit. La clé d’un éventuel déblocage pourrait être un recul du gouvernement sur les bonifications, qui est pourtant l’un des quatre éléments théoriquement non négociables. Point le plus discret, il s’agit aussi du plus important, puisqu’il permet aux agents de gagner cinq années de cotisations dans le régime actuel. Un dispositif que le gouvernement souhaite supprimer pour les nouveaux embauchés après le 1er janvier 2009.

EDF-GDF:

Qui autour de la table ?

Entamées vendredi dernier sans la CGT mais avec la participation de FO, les négociations pour l’ensemble de la branche des industries électriques et gazières (IEG) sont entrées dès lundi dans le vif du sujet. Et cette fois, la CGT a accepté de s’asseoir autour de la table. Pour l’occasion, deux conseillers techniques du cabinet de Xavier Bertrand, le ministre du Travail, avaient fait le déplacement. Demain, nouvelle réunion : mais le représentant de l’Etat sera, cette fois, un obscur fonctionnaire de la Direction de la demande et des marchés énergétiques.

Quel rapport de force ?

La CGT veut croire que la (petite) remobilisation des agents de EDF et GDF, hier, réussira à maintenir la pression sur le gouvernement. «Hier, grâce aux actions, la production d’électricité a chuté de 8000 MW», se félicite la CGT énergie. «On sent bien que les représentants des entreprises ont rarement été aussi attentifs à nos revendications, comme s’ils ne voulaient surtout pas porter la responsabilité d’un blocage», assure Marie-Hélène Gourdin, de la FCE CFDT.

Quel grain à moudre ?

En guise de bonne volonté, les entreprises sont arrivées lundi, avec un budget des augmentations individuelles en hausse de 15 %. «C’est un pas en avant», reconnaît la CGT. Pour l’augmentation générale, «ce sera plus chaud», lâche le patronat. La CGT fera le bilan dans un mois sur les rémunérations, les petites retraites, les départ anticipés… et retournera devant sa base.


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