6 000 invités surprise au village de Viols-en-Laval
Hier, en plein soleil, une vingtaine de murs de son crachaient encore leurs décibels devant 2 000 personnes. Mais la veille au soir, ils étaient plus de 6 000 sur le plateau de Cambous, une zone militaire au pied du Pic Saint-Loup, au nord de Montpellier. La free party avait été organisée en toute illégalité. Le nouveau préfet de région, Cyrille Schott, philosophe : «Il n'est pas possible d'interdire cette manifestation. Cela provoquerait plus de dégâts humains, déclare-t-il, et puis, la situation est bonne avec les 180 habitants de Viols-en-Laval, le village voisin. Le vent envoie le son dans la bonne direction et les élus locaux savent faire preuve de pragmatisme.»
Nettoyage. Les «teufeurs» eux-mêmes ont montré de la bonne volonté : «Faites pa 2 feu, ramass t clopes, enterre ta crotte», incite un panneau. Ailleurs, ils s'organisent et ramassent les déchets dans de grands sacs. Le tout, «dans un esprit roots, proche de la racine du mouvement», se félicite un participant. 500 euros ont d'ailleurs été collectés parmi eux pour financer le nettoyage du site. Dès vendredi soir, à l'arrivée des premiers participants, le dispositif anti-feu de forêt a été mis en place . Il fallait éviter le moindre début d'incendie sur ce lieu aride qui atteint les 35°C. Ont été prévus un produit retardant, des bandes coupe-feu, la présence de 80 pompiers. Une centaine de gendarmes et une trentaine de membres de la Croix Rouge complétaient l'encadrement. Epave. Hier après-midi, le poste médical avancé comptait une dizaine de transferts à l'hôpital Lapeyronie de Montpellier. Un seul cas semble vraiment préoccupant. Celui d'un jeune homme qui a foncé dans la foule samedi soir avec son camion, détruisant des voitures, essayant d'écraser des gens. Résultat : «Il s'est fait tabasser grave. Il est très sérieusement amoché», décrit Daniel Prost, médecin chef des sapeurs-pompiers de l'Hérault. « Il s'est même pris une barre de fer dans la gueule», ajoute un témoin. Quant à son camion, il a été transformé en épave. Le parquet de Montpellier a été saisi. Sinon, la Croix-Rouge a dressé hier un bilan globalement rassurant : «A part des coups de soleil ou de la bobologie, c'est calme, décrit Christophe Ostalrich, chef de secteur. La chaleur les assomme tous.» Sur le plan sanitaire, «ce sont toujours l'alcool, l'ecstasy et le LSD qui sont les drogues les plus dures à gérer», rappelle Hans Gadelius, de Médecins du Monde. Bilan hier soir : 360 personnes contrôlées, 37 procès-verbaux et six gardes à vue pour quelques grammes d'ecstasy ou de cannabis. Et côté son ? Même si personne ne semble regretter d'être venu, beaucoup déplorent le manque de diversité. «Il y a trop de hardtech et pas assez de drum'n'bass, de breakbeat, et puis il manque des décors. Maintenant, il n'y a plus d'évolution. C'est la même chose tout le temps», déplore Fortepaulle, 26 ans, torse nu à l'avant de son camion rouge.














