Le oui socialiste sur la voie de droite

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Europe. En choisissant d'approuver le traité, le PS s'éloigne un peu plus de la gauche. Lire l'article

A Paris, la gauche contient la poussée de la droite, qui est en embuscade

2007.06.11 - Politique - Source: WWW.LEMONDE.FR - Commentaires [0]

ertrand Delanoë demande un dernier réglage de lumière avant de s'exprimer, à l'Hôtel de Ville, devant un fond bleu. "Je suis dans le noir. Remettez-en un petit coup", lance-t-il, dimanche 10 juin, aux équipes de télévision après leur avoir demandé de baisser un peu l'éclairage. Pas de quoi briller, mais pas de raison non plus de rester dans l'ombre pour le maire de Paris : les résultats dans la capitale sont "en demi-teinte", résume Patrick Bloche, le patron de la fédération PS et député sortant de la 7e circonscription.

 


"Quand une histoire est belle autant la prolonger !", s'enflamme le maire, conscient que tout se jouera au second tour. "Je verrai bien les Parisiens apporter une contribution au pluralisme en France", ajoute-t-il, confiant. Au vu des scores du premier tour, la gauche, majoritaire avec 12 députés sortants sur 21, conserve de bonnes chances de le rester, dimanche 17 juin. D'autant que le second tour des législatives "est toujours plus dynamique pour le PS", affirme M. Bloche. Quant aux Verts, ils totalisent à peu de choses près le même nombre de voix qu'en 2002. Contrairement à d'autres grandes villes, Paris n'est pas submergée par la vague bleue, mais seulement touchée. La droite, qui est majoritaire en voix, arrive en tête dans plusieurs circonscriptions où Ségolène Royal avait devancé Nicolas Sarkozy lors des élections présidentielles, notamment dans la 8e et la 17e circonscription. Cinq députés UMP, contre quatre en 2002, ont été réélus dès le premier tour : Martine Aurillac, Pierre Lellouche, Claude Goasguen, Bernard Debré et Françoise de Panafieu. "L'effet Delanoë a vécu, affirme Philippe Goujon, le patron de la fédération UMP, qui est en ballottage très favorable dans la 12e circonscription. Nos espoirs de reprendre Paris sont renforcés." Aucun des deux camps n'a toutefois intérêt à pavoiser car plusieurs duels pourraient réserver des surprises au second tour.

Un match serré se jouera en effet dans la 1re circonscription. Au centre de Paris, la députée (Verts) sortante Martine Billard est devancée par Jean-François Legaret (UMP), maire du 1er arrondissement. C'était déjà le cas en 2002 mais la gauche était alors plus forte dans les quatre arrondissements de la circonscription. Martine Billard et Jean-François Legaret doivent tenter de récupérer les voix qui se sont portées sur le candidat du MoDem, Mario Stasi (13,5 %). Pour l'UMP, la conquête de cette circonscription symboliserait "l'échec de la stratégie d'alliance PS-Verts à la tête de la ville", affirme Vincent Roger, le porte-parole de Françoise de Panafieu.

Dans la 11e circonscription, un autre duel, celui qui oppose le Vert Yves Cochet et Nicole Guedj (UMP), devrait être arbitré par le MoDem : Marielle de Sarnez, la directrice de campagne de François Bayrou, "a les clés en mains", reconnaît Denis Baupin, le chef de file des Verts à Paris. "Elle ne va pas pouvoir rester dans le non-choix éternellement et jouer les Ponce Pilate", ajoute-t-il, alors que plusieurs conseillers de son groupe à l'Hôtel de Ville ont rejoint le MoDem.

Dans la 8e circonscription, le report des voix du candidat du MoDem, Jean-François Pernin (12,5 %), sera, là aussi, décisif pour départager la candidate socialiste Sandrine Mazetier et Arno Klarsfeld, qui est arrivé en tête, dans ce fief de droite, avec 1 027 voix d'avance. "L'UMP va mettre le paquet pour soutenir Klarsfeld", redoute un proche de M. Delanoë.

Pour Françoise de Panafieu, la candidate de l'UMP aux municipales de 2008, le bon score de la droite constitue "un encouragement" à sa volonté de renouvellement. Jean-François Lamour, nouveau candidat UMP dans la 13e circonscription, devance largement le dissident UMP et député sortant René Galy-Dejean : l'ancien ministre des sports paraît assurer de siéger à l'Assemblée. Dans la 20e circonscription, Jean-Jacques Giannesini (UMP) est quasiment à égalité (32,5 % contre 32,8 %) avec Jean-Christophe Cambadélis, député PS sortant. Brigitte Kuster (UMP) est en tête devant Annick Lepetit, candidate PS sortante, dans la 17e circonscription où cette dernière avait devancer de très peu Patrick Stefanini (UMP-RPR), en 2002.

A gauche, le "renouvellement" est incarné par l'avocate guadeloupéenne George Pau-Langevin, candidate du PS dans la 21e circonscription. Elle l'a largement emporté face à Michel Charzat, député PS sortant, candidat dissident. Ce dernier, éliminé, ne devrait pas tenter de faire échec à la candidate du PS.

Béatrice Jérôme

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