Le oui socialiste sur la voie de droite

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Grogne dans les rangs de l'UMP

2007.07.23 - Politique - Source: WWW.LIBERATION.FR - Commentaires [0]

A l'UMP, l'ouverture passe toujours mal. L'attribution de maroquins ministériels à des personnalités de gauche comme Bernard Kouchner ou Jean-Marie Bockel avait crispé. Les missions confiées à des ténors du PS, comme Hubert Védrine ou Jack Lang, avaient exaspéré. Exhortés une nouvelle fois mercredi par Nicolas Sarkozy de «laisser le sectarisme aux autres», ( Libération d'hier) les élus de la droite triomphante ne cachent plus leur amertume. En entendant le chef de l'Etat plaider pour que les listes présentées aux municipales de 2008 accueillent les adversaires d'hier là où la droite s'était fait étendre en 2001, l'incompréhension s'est changée en grogne elle aussi ouverte.

 
   
   
 

«La mémoire demeure». «Tout cela ne va pas sans douleur sur le terrain, assure la députée du Haut-Rhin Arlette Grosskost, ennemie jurée de Jean-Marie Bockel. Le pardon existe mais la mémoire demeure.» Décidée quoiqu'en dise Sarkozy à bouter le sénateur socialiste de la mairie de Mulhouse en mars, elle enchaîne : «Il ne s'agit pas seulement d'hommes, il s'agit de projets opposés à bien des égards. Je suis pour une éthique en politique. On ne peut s'amuser avec ça.» D'autres comme le député des Alpes-Maritimes, Lionnel Luca, crient au loup : «On ne peut s'être réjoui d'avoir asséché le réservoir d'électeurs du FN et les oublier ensuite.»

«Gadget». Les pontes, laissés pour compte de l'UMP ne sont guère plus enthousiastes. C'est le cas du député de Paris Claude Goasguen, passablement agacé que l'Elysée ait préféré soutenir un candidat «socialiste plutôt qu'un libéral» pour le FMI : «L'ouverture est un gadget que j'apprécie moyennement. C'est habile puisque cela sème le trouble au PS. Paradoxalement, l'ouverture dans le discours s'accompagne d'un durcissement des positions de la droite sur tous les sujets, le service minimum, l'ISF, ou les universités. Un peu comme si par peur que la dialectique élyséenne ne soit pas comprise de leur électorat, les élus donnaient des gages dans les faits.» Pour lui, cet attrape go-gauche va faire long feu: «Ce n'est qu'un moment dans le quinquennat. ça s'étiolera tôt ou tard.»

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