La lassitude des députées UMP en mal de parité
a bataille pour la parité est encore loin d'être gagnée au Parlement. Certes, les dernières élections législatives ont témoigné d'un léger progrès : 107 élues (18,5 %) contre 71 (12,3 %) en 2002. Cependant, si Nicolas Sarkozy a affiché un souci de parité au moment de la constitution de son premier gouvernement - sensiblement corrigé par la suite avec la nomination des secrétaires d'Etat -, le moins que l'on puisse dire est que cela n'a pas été au coeur des préoccupations de l'UMP à l'Assemblée nationale.
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Le résultat s'apparente à une monochromie. Vice-présidence de l'Assemblée nationale : trois UMP, trois hommes. Le groupe Socialiste, Radical et Citoyen (SRC), qui obtient deux vice-présidences, en a réservé une à un homme et l'autre à une femme. Questure : deux UMP, deux hommes. Le groupe SRC a attribué le poste de questeur qui lui revenait à une femme. Au total, sur les vingt-deux membres du bureau de l'Assemblée nationale, celui-ci comprend quatre femmes, dont trois SRC.
La composition des bureaux des commissions permanentes, qui a donné lieu à d'âpres batailles d'influence au sein du groupe UMP, offre un tableau aussi unisexe. Aucune femme n'a été élue à la présidence d'une commission. Elles sont trois en tout et pour tout, dont une SRC, à occuper une des vingt vice-présidences.
Au sein du groupe UMP, les femmes ne cherchent plus à dissimuler leur ras-le-bol. "La prochaine fois, il nous faudra nous organiser", prévient Chantal Brunel, députée de Seine-et-Marne, qui dénonce une "caricature". Le président du groupe UMP, Jean-François Copé, convient que, pour ce tour de désignation interne, la présence des femmes n'a pas été une "priorité" : "Nous avons dû encore cette fois assurer un "fléchage" des sensibilités. Nous ne pouvions pas garantir en plus la parité."
"Entre la parité et le degré zéro, il y a un gouffre, s'exclame Marie-Jo Zimmermann, députée de la Moselle, renouvelée à la présidence de la délégation aux droits des femmes. Là, c'est simple, c'est la catastrophe. Cela montre bien que, dès que le moindre pouvoir est en jeu, on ne voit pas les femmes, sauf si on les impose." Nicole Ameline, députée du Calvados et ancienne ministre de la parité, qui postulait à une vice-présidence, en a fait les frais. Pour Mme Zimmermann, la règle a tenu en un précepte unique : "Ils se sont cooptés entre eux."
Une délégation des femmes du groupe UMP a rencontré M. Copé pour lui signifier que cette situation ne pouvait plus durer. Celui-ci a fait amende honorable. Il s'est engagé à ce que, lors des prochains renouvellements, le "fléchage" fonctionne, cette fois, dans le sens d'un rééquilibrage entre les femmes et les hommes.
Patrick Roger














