Le oui socialiste sur la voie de droite

Le oui socialiste sur la voie de droite

Europe. En choisissant d'approuver le traité, le PS s'éloigne un peu plus de la gauche. Lire l'article

Sarkozy aux profs :«Vous gagnerez plus si vous travaillez davantage»

2007.09.06 - Politique - Source: WWW.LIBERATION.FR - Commentaires [0]

Rentrée 2007, collège de Bégon, Blois, quartier nord. Un hélicoptère se profile sous les yeux de quelques curieux. Annie est venue en voisine : «C’est bizarre que le président vienne dans la ZUP.» A la porte de l’établissement, Firmin, en charge de la sécurité : «Pour les parents, de voir autant de forces de l’ordre déployées, c’est plutôt une angoisse qu’une excitation.»

 
   
   
 

Ses mots laissent place aux sifflets des motards et aux cris des badauds. Le voici, bronzé, heureux de serrer les mains, de poser pour les photographes amateurs, de distribuer de présidentiels baisers. Amel, surveillante du collège, reste sur le carreau : «J’avais prévu de lui faire la bise, mais l’émotion m’a submergé… »

Nicolas Sarkozy se laisse mener par Sylvia et Katell, deux jeunes professeurs de sciences naturelles tout émues. Elles lui présentent les fruits d’un dur labeur, raison de la présence présidentielle : «Nous avons réalisé ces décors extérieurs durant les ateliers d’accompagnement éducatif.» L’expression est lâchée. Durant la table ronde, Sarkozy ne jure plus que par ce dispositif : «L’égalité, ce n’est pas donner la même chose à chacun. Il faut donner en fonction de ses mérites et de ses difficultés.» Il prend son jeune voisin de gauche à témoin : Nasir, un jeune Pakistanais arrivé en France il y a trois ans. « Si j’étais au Pakistan depuis trois ans, j’aurais besoin d’être soutenu», lui lance Sarkozy, sans rire.

S’en suit une série de remarques générales sur la situation de l’éducation nationale où «la mère de famille débordée et fatiguée par une heure de transport» croise «le professeur retraité capable d’assurer des heures de soutien sur la base du bénévolat».

Un discours qu'il va poursuivre vers midi, dans une Halle aux Grains comble. Devant un parterre – de profs essentiellement –, le Président fait lecture de sa «lettre aux éducateurs». «Nous sommes tous des éducateurs», lance-t-il, après avoir dénoncé cette éducation qui a trop longtemps «négligé la personnalité de l’enfant». Sarkozy reparle d’amour, les yeux dans les yeux. «Nous devons à nos enfants le même amour et le même respect que nous attendons d’eux» ; «parce que nous aimons nos enfants, nous avons le devoir de leur apprendre à être exigeants vis-à-vis d’eux-mêmes». Puis, la sanction chère à Sarkozy, se dévoile : «Récompenser le mérite, sanctionner la faute» ; «cultiver (…) la détestation de ce qui est mal, de ce qui est injuste, de ce qui est laid, de ce qui est petit, de ce qui est mensonger.»

Vient les annonces : la suppression de la carte scolaire, la réforme du collège unique, l’intégration des enfants handicapés en milieu scolaire classique, le respect du principe de laïcité, le retour de la morale à l’école «qui ne me fait pas peur».

Le président sait qu’il a face à lui un parterre de professeurs traditionnellement hostiles à son discours. Il hausse le ton, se donne de l’assurance : «La culture générale doit être une préoccupation constante.» Il exige que les enfants apprennent au moins deux langues étrangères. Mais aussi qu’ils maîtrisent la littérature, le théâtre, la poésie, la philosophie, la science. «Il faut que nos enfants rencontrent (…) des entrepreneurs qui leur feront partager leur amour de la beauté, de la vérité.» Alors Sarkozy propose qu'ils prennent très tôt le chemin des usines, pour y apprendre l’amour du travail manuel. «Donner le maximum à chacun au lieu de se contenter de donner le minimum à tous. Voilà comment je souhaite que nous prenions désormais le problème de l’éducation.»

Il promet de soutenir les parents si ces derniers assument pleinement leurs devoirs. «Si vous laissez manquer la classe (…) les aides qui vous sont accordées (pourront) être placées sous tutelle.» Les enseignants ne sont pas oubliés : «Vous gagnerez plus (…) si vous choisissez de travailler davantage.» Une «formule devenue célèbre» que n’hésite pas à rappeler le Président.

Source

Poster un commentaire
Name 
E-Mail
Commentaire
Entrer le code de l'image

See also:

Avec Sarkozy, une entente très cordiale

Les deux hommes, qui se retrouvent aujourd'hui à Paris, exploitent leurs ressemblances.

Nicolas Sarkozy confie la présidence de l'UMP à une direction collégiale

La présidence par intérim sera assurée par Jean-Claude Gaudin, Pierre Méhaignerie et Brice Hortefeux, en attendant le prochain congrès du parti, à l'automne.

L'entourage de Nicolas Sarkozy esquisse le futur gouvernement

Michèle Alliot-Marie obtiendrait l'intérieur, Brice Hortefeux l'immigration et l'identité nationale, selon des sources concordantes.

Bernard Kouchner aurait accepté d'entrer au gouvernement

"Libération" l'affirme, Bernard Tapie en est "sûr" : l'ancien ministre socialiste est prêt à prendre en charge les affaires étrangères.

L'«ouverture» de Sarkozy sème la discorde à gauche... et à droite

Les fidèles du président élu se divisent sur son projet d'inclure des personnalités de gauche et du centre dans le gouvernement. Tandis que des voix s'élèvent, à gauche, pour dénoncer ceux qui pourraient se laisser tenter.

Partenaires

Annuaire Ce site est listé dans la catégorie Dictionnaire gratuit