Le oui socialiste sur la voie de droite

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Sarkozy sur tous les fronts

2007.07.25 - Politique - Source: WWW.LIBERATION.FR - Commentaires [0]

«Ce n'est pas une nouvelle forme de diplomatie. Il y avait un problème à résoudre, on l'a résolu», a lancé Nicolas Sarkozy, hier matin. Pour le Président, qui revendique en matière diplomatique, comme ailleurs, une attitude pragmatique, seuls comptent les résultats.

 
   
   
 

Depuis son arrivée à l'Elysée, Sarkozy a lancé des initiatives diplomatiques tous azimuts. Avec plus ou moins de réussite. La mobilisation de la France sur le dossier du Darfour n'a, pour l'instant, produit aucun résultat concret. Pas plus que les pressions exercées sur le pouvoir de Bogota en faveur d'une solution négociée pour obtenir la libération de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt. En revanche, l'activisme du Président au sein de l'UE a abouti à un accord sur un «traité simplifié», permettant aux 27 de sortir de l'impasse institutionnelle. Interrogé par Libération, le premier secrétaire du PS, François Hollande, dénonce une «méthode fondée sur la personnalisation à outrance et sur la confusion, qui a des conséquences diplomatiques: il arrivera un moment où nos partenaires vont se fatiguer». Evoquant le contournement systématique des ministres, il enchaîne: «Quand les responsables ne sont plus responsables, qui est responsable devant le Parlement?» «De quel contrôle parlementaire parle-t-on? s'interroge pour sa part Samy Cohen, chercheur à Sciences-Po. Il est inexistant en matière de relations extérieures. Le Parlement n'est qu'une chambre d'enregistrement.»

«Pas classique». Hier, le Président a justifié, en présence du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, la mise à l'écart du Quai d'Orsay dans les tractations finales: «Une affaire qui dure depuis huit ans n'est pas exactement une affaire classique qu'on peut traiter de façon classique. » Conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), François Heisbourg abonde : «Par définition, les affaires d'otages ne suivent pas les canaux habituels.» Samy Cohen rappelle: «Tous les Présidents, de Giscard d'Estaing, avec Michel Poniatowski, à François Mitterrand, avec Roland Dumas ou son ami Roger Patrice-Pelat, ont fait appel à des émissaires.» François Heisbourg veut même voir «un progrès» dans le fait «que l'émissaire spécial dans cette affaire soit la femme du Président plutôt qu'un individu un peu louche travaillant dans une ombre propice à d'éventuels dérèglements.» Directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques, Pascal Boniface relativise la présidentialisation de la diplomatie sous Sarkozy. «Les Présidents ont toujours eu un rôle prééminent, et tous accordaient de l'importance aux relations personnelles et directes avec leurs homologues étrangers.» Au soir de son élection, le 6 mai, Sarkozy avait surpris en citant parmi ses premières priorités le règlement de plusieurs affaires à caractère humanitaire: les infirmières bulgares, mais aussi la détention d'Ingrid Betancourt, en Colombie. «La France sera du côté des opprimés du monde», avait-il lancé avec emphase.

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