Université : Valérie Pécresse défend sa réforme au Sénat
Assis au perchoir du Sénat, le sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin luttait hier contre la somnolence. Vers cinq heures de l'après-midi, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse, assise au premier rang de l'hémicycle, a commandé un thé, tout en écoutant les orateurs qui se succédaient à la tribune. La séance plénière du Sénat, qui examinait la réforme de l'université, s'est déroulée hier dans une atmosphère ennuyeuse, à peine troublée par les critiques modérées de l'opposition.
Plaidoyer. Une bonne soixantaine de sénateurs -sur 331- avaient pourtant fait le déplacement pour écouter la ministre défendre son projet de loi en début de séance. Valérie Pécresse a alors remporté un franc succès, la droite et le centre l'applaudissant, criant même quelques «bravos». La gauche a gardé un silence poli. Puis de nombreux élus se sont éparpillés ou se sont replongés dans leurs lectures. « Aujourd'hui ,c'est avec humilité mais fermeté que je le dis, nous n'avons plus le droit d'échouer. Le statu quo comme le renoncement seraient irresponsables, je dirais même coupables» : après avoir commencé par une citation du livre Témoignage de Nicolas Sarkozy, la ministre s'est livrée à un plaidoyer en faveur de la réforme. Chaque année, 90 000 étudiants quittent l'université sans diplôme, a-t- elle rappelé, et les universités françaises sont perdues au bas des classements internationaux. Pour remédier à cette dégradation, c'est par la gouvernance qu'il faut commencer, en accordant notamment des pouvoirs renforcés aux présidents d'université et une autonomie étendue.
«Petite loi». « La grande réforme de notre enseignement supérieur est nécessaire car le malaise est profond», a expliqué le sénateur socialiste David Assouline, qui présidait l'Unef lors du mouvement contre la loi Devaquet en 1986, « mais pourquoi faire ainsi une petite loi ?», limitée à la gouvernance ? Rappelant que l'Etat français dépensait 6 800 euros par étudiant par an contre 9 000 en moyenne dans les pays de l'OCDE (les plus développés), il a estimé que « l'urgence première aurait été de soumettre un collectif budgétaire cet été au Parlement ». Le socialiste a aussi critiqué l'ouverture aux fonds privés, et l'évolution du recrutement des enseignants-chercheurs. Une pétition de 800 chercheurs appelait à modifier la loi, estimant notamment que le veto du président de l'université sur les nominations et la possibilité d'embaucher des CDD n'étaient pas constitutionnelles. « Notre vote dépendra» des amendements retenus, a averti David Assouline.Le groupe socialiste avait annoncé la veille qu'il s'abstiendrait, malgré la volonté de certains de voter non, dont Jean-Luc Mélenchon. La question reste donc ouverte. Les sénateurs communistes étaient plus clairs, se disant « extrêmement réservés» sur le texte . Après le vote du Sénat, prévu vendredi, le texte sera présenté, le 23 juillet aux députés.














