Jacque coupe le contact.
Sa décision, il l'a prise entre deux averses. Une de ces radées qui, tout au long de sa carrière, lui auront souvent permis de se faire remarquer en piste. Olivier Jacque, 34 ans, renonce définitivement à la course. Trop de pression, trop de blessures, pas assez de résultats. Son retour à la compétition en MotoGP cette saison, au sein du team Kawasaki, ne s'est pas passé comme il l'imaginait. Les couleurs partagées avec son compère Randy De Puniet (lire ci-contre) n'étaient sans doute plus assez vertes pour lui. Pour le GP de Grande-Bretagne, dimanche, il sera remplacé par l'Australien Anthony West.
Essayeur. Dernier champion du monde tricolore (en 250 cc, en 2000), le gars de Villerupt part avec un palmarès de sept victoires en Grand Prix, la dernière en Australie, il y a sept ans. Pas de quoi rougir. Lorsqu'il quitte le team Tech3 fin 2003, «OJ» se retrouve sans guidon. Trois ans à sauter au moindre coup de fil pour remplacer au pied levé un pilote blessé. Le reste du temps, il se contente du rôle de pilote essayeur chez Kawasaki. Ses bonnes prestations le rappellent à la mémoire des team managers. En décembre dernier, Kawasaki lui propose un guidon pour la saison en MotoGP. Le directeur technique du team se nomme Ichiro Yoda. « C'est avec lui que j'ai obtenu mon titre de champion du monde , dit-il. C'est aussi sous sa coupe que j'ai réalisé cette belle deuxième place en MotoGP sous la pluie chinoise en 2005.» Jacque saute sur l'occasion.
Cervicales. Mais le début de saison ne ressemble plus à ce que le pilote lorrain avait l'habitude de vivre. Victime de plusieurs chutes, son corps est meurtri. «J'en avais marre de me faire mal, dit-il. La moindre blessure m'expédiait à l'hôpital. Il me fallait trouver la force. Et plus je tombais, plus j'appréhendais. Je n'avais jamais connu ça.» Jacque se plaint des cervicales, du dos, du poignet, de l'avant-bras. Le responsable de Kawasaki prend son pilote à part et lui avoue qu'il commence à avoir peur pour sa santé. «C'est difficile d'être à 100 % quand on a peur de se blesser encore plus.» Olivier Jacque devient mûr pour une décision difficile quand on a la vitesse dans la peau. La détermination de Yosune, sa jeune épouse basque, l'a sans doute aidé. Le couple attend un petit garçon pour les prochaines semaines. «Quand tu es pilote, tu n'as aucune barrière. Tu te donnes à fond. Aujourd'hui, lorsque je revois les courses d'il y a quelques années, je reste étonné par les risques que je prenais» , dit-il. Avant d'ajouter : «Mon temps est passé. Il faut savoir laisser sa place.»
A lire sur Libération.fr, l'interview d'Olivier Jacque.














