Rasmussen balance même son employeur

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Le trauma Puma

2007.09.10 - Sports - Source: WWW.LIBERATION.FR - Commentaires [0]

Ouverture alléchante de la Coupe du monde 2007, ce France-Argentine ressemblait pourtant plus à une finale de championnat qu'à une rencontre internationale. 22 des 30 acteurs présents sur la pelouse du Stade de France au coup d'envoi présentaient en effet la particularité d'évoluer dans le Top 14. Vingt-deux coqs et huit pumas. Avec par conséquent quelques duels fratricides, dont celui opposant David Skrela à Juan Martin Hernandez (deux ouvreurs parisiens), Pieter de Villiers à Rodrigo Roncero (deux piliers également parisiens) ou encore Fabien Pelous à Patricio Albacete (les deux poutres du Stade toulousain). Autant dire qu'à l'exception peut-être des deux ailiers argentins (le premier, Agulla, portant le maillot de l'Hindi Club des pampas; le second, Borges, aucun) personne n'était vraiment dans le brouillard avant le coup de sifflet initial de l'arbitre anglais Tony Spreadbury.

Sans complexe. Personne non plus ne se montrait irrésolu. Raphaël Ibanez l'avait martelé toute la semaine à Marcoussis: «Pas question de perdre ce match.» Hypothèse pas si fantaisiste, d'ailleurs, qu'il y pourrait paraître, tant l'Argentine réussit mal au XV de France sous l'ère Laporte. Rappelons les chiffres : quatre défaites pour une unique victoire, et encore, d'un seul petit point (27-26). Pourtant, forts de leurs trois succès «préparatoires», les Bleus affichaient-ils une sérénité de bon aloi, malgré leur participation à une poule délicate à négocier. Mais comme dirait Bernard Laporte : «Une équipe qui prétend être championne du monde doit être capable de battre n'importe quel adversaire.» L'Argentine, néanmoins, attaquait le match sans complexe, mettant tout de suite la pression sur l'arrière stagiaire, Cédric Heymans. Et, après une tentative de drop ratée (Hernandez contré par Skrela), Felipe Contepomi marquait les trois premiers points de la compétition. Une minute plus tard, Skrela égalisait. Une de plus et Contepomi doublait la mise. A la 12e minute, Contepomi toujours s'empalait sur Betsen au centre du terrain, provoquant un contre meurtrier qui allait presque au bout. On pensa alors un instant que la France avait choisi de laisser venir à elle son adversaire afin de mieux le contrer. Le problème, c'est que celui-ci se créait des brèches et venait systématiquement jouer dans le camp français. L'entrée temporaire de Michalak (saignement de Traille) réconfortait bien un peu le Stade de France, mais les Argentins se montraient toujours aussi menaçants.

Obstination. A la troisième pénalité réussie par Contepomi, le public a commencé à gronder. Surtout que, peu après, l'ailier Agulla interceptait une passe de Rémy Martin (qui n'en fait pourtant pas beaucoup) histoire d'envoyer Corleto à l'essai. Un nouveau coup de pied victorieux de Contepomi corsait l'addition puisque l'Argentine menait 17­­-9 à la pause. Les premiers de retour sur la pelouse, les Bleus se décidaient enfin à élargir le jeu, faisant par la même occasion celui des Argentins. Ils pilonnaient alors la ligne mais les Pumas ne cédaient rien. S'obstinant, les Bleus en remettaient une couche, permettant ainsi à Skrela de réduire le score sur pénalité, juste avant l'entrée de Sébastien Chabal, accueilli comme le Messie. Ses coéquipiers n'en continuaient pas moins à s'empêtrer contre la ligne défensive adverse et manquaient même d'encaisser un nouvel essai sur une cagade de Michalak, qui venait lui aussi de rentrer. A huit minutes de la fin, Michalak, encore, manquait une pénalité décisive, preuve qu'une équipe de fort tonnage c'est bien, mais qu'une équipe avec un buteur ce n'est pas mal non plus. Avec ou sans les deux, les Bleus ne reviendraient plus. La France a mangé son joker. Et surtout, comme le déplorait un confrère britannique, son jeu manque singulièrement d'imagination.

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