Parker Paniers garnis
MVP. Trois lettres pour un sacre. Dans la nuit de jeudi à vendredi, Tony Parker, 25 ans, est devenu le premier joueur européen à être élu meilleur joueur d'une finale NBA (MVP, dans le jargon NBA, pour most valuable player ).
Une performance qui porte sa moyenne sur les quatre matchs à 24,5 points et fait de lui le meilleur marqueur de son équipe devant Tim Duncan, l'autre vedette de San Antonio. Cette victoire offre aux Spurs (et à Parker) un troisième titre en cinq ans (après 2003 et 2005). «On rentre dans l'histoire, a déclaré Parker. Et puis j'ai ce bébé [le titre de MVP, ndlr] entre les mains. Je ne vais pas le lâcher de la soirée. MVP, c'est Magic Johnson, Michael Jordan. Jamais je n'aurais pu imaginer rejoindre ces légendes du basket.»
La starisation de Parker va se poursuivre dans les pages des magazines people. Tony Parker célébrera le 7 juillet son mariage avec Eva Longoria, héroïne adulée de Desperate Housewives, série culte aux Etats-Unis. Les noces sont prévues dans le château de Vaux-le-Vicomte, où est attendu le gratin d'Hollywood.
Un melting-pot transatlantique qui résume la vie du joueur. Né à Bruges, fils d'un basketteur américain qui a bourlingué dans les championnats européens (Pays-Bas, Belgique, France) et d'une top model néerlandaise, Parker doit d'être français aux hasards des pérégrinations de son père. Au début des années 80, Tony Parker senior, barré dans son club belge, migre vers l'Hexagone. La famille finit par s'établir à Rouen. Tony Parker, dont les deux frères jouent aussi au basket, grandit en Normandie et ne prend la nationalité française qu'à 15 ans.
Alors que son père n'a pas pu jouer en NBA, Parker fait le chemin inverse en étant recruté par San Antonio à 19 ans. Il surprend par sa précocité. Après cinq matchs en NBA, l'entraîneur des Spurs, Gregg Popovich, crée la sensation en intronisant le Français élément de base de l'équipe, faisant de lui le plus jeune meneur titulaire dans l'histoire de la NBA.
Popovich donna une conférence de presse pour justifier ce pari sur l'avenir : «Pour le présent et le futur, nous avons besoin de développer notre meneur. Bien sûr, je me demande tous les jours si j'ai raison, si c'est bien pour le petit. Mais il y a quelque chose en lui, pas seulement son talent. C'est son caractère, son écoute, son sens du jeu. J'ai confiance en lui.» Six ans plus tard, Parker vient de lui donner raison.














