Pour Fabien Pelous, "il serait utopique de penser qu'il n'y a pas de dopage" dans le rugby
près deux semaines passées à Val d'Isère puis à Font-Romeu pour y parfaire leur condition physique en vue de la Coupe du monde qui débutera le 7 septembre, les trente joueurs français sélectionnés ont rejoint, lundi 23 juillet, leurs pénates du Centre national du rugby de Marcoussis, où ils ont reçu la visite du président de la République. Celui qui, aux yeux de l'entraîneur Bernard Laporte, son futur secrétaire d'Etat aux sports, aurait fait un excellent demi de mêlée a exhorté les Bleus à donner le meilleur d'eux-mêmes.
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"Je suis très satisfait de ces quinze jours, se réjouit Fabien Pelous. Ce n'était pas forcément très dur, il fallait juste s'y mettre et dépasser ses peurs", ajoute le deuxième ligne en référence à un stage commando de deux jours effectué par les internationaux. "Travailler en commun pour trouver des solutions, cela entraîne un dépassement de soi. Tout le monde a pris part aux tâches, personne n'a rechigné. Et ce qu'il en reste va plus loin que le fait d'avoir réussi à franchir des obstacles. Le groupe se resserre."
L'ancien capitaine des Bleus ne cherche pas à cacher la dureté des entraînements. "Si on s'écoute, on ne peut pas faire de sport de haut niveau. Donc, nous faisons ce qu'on nous demande de faire, même si ça fait mal. Nous sommes poussés à nos limites, et même si le corps a des réflexes de défense, il a aussi une capacité d'acceptation. Et nos limites sont repoussées. Il faut savoir prendre quelques risques parce qu'il faut aussi travailler dans le dur. Il faut juste montrer l'exemple et de l'enthousiasme, mais c'est vrai que ce n'est pas facile tous les matins."
Tout en poursuivant leur préparation physique, les trente sélectionnés ont entamé la deuxième phase de leur programme, le jeu, notamment sur l'aspect défensif, essentiel pour Fabien Pelous, qui y voit la principale qualité de la Nouvelle-Zélande, favorite de la Coupe du monde : "Dire que les Blacks sont très bons en attaque est une légende. Leur jeu est un jeu de contre mais ça n'a rien de dévalorisant. Surtout quand ils mettent 40 points à tout le monde."
"ELEVÉ AU GRAIN"
Cela n'a pourtant pas été le cas lors du tournoi des Tri-Nations qui s'est achevé, samedi 21 juillet, par une nouvelle victoire des All Blacks devant les Australiens et les Sud-Africains. Pour Fabien Pelous le niveau entre ces trois équipes semble se resserrer, ce qui constitue plutôt une crainte.
Un autre motif d'inquiétude pour le Toulousain est le dopage dans le rugby, dénoncé la semaine dernière par le golfeur sud-africain Gary Player (Le Monde du 21 juillet). "Il serait utopique de penser qu'il n'y a pas de dopage dans notre sport. Il y a des brebis galeuses. C'est la responsabilité des sportifs de ne pas tomber dans l'engrenage. On commence avec des compléments puis on veut aller de plus en plus loin. Pour moi, le sport ce n'est pas ça. Sur ce sujet je serais plutôt du style taliban. Je ne prends même pas de compléments alimentaires, je suis élevé au grain. Je suis la preuve que l'on peut faire une longue carrière."
Avec 110 sélections, Fabien Pelous, âgé de 33 ans, devrait battre le record de capes pour un joueur français, détenu par Philippe Sella (111), lors de la Coupe du monde.
Jean-Louis Aragon














